16.02.2009

J'suis contente que tu m'aie prise comme ça.

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Samedi. 01.25. Une chambre d'hôtel. La pièce est plongée dans un semi-obscurité, ce qui me permet de distinguer une silhouette, la Sienne, en train de sortir de la salle de bains, déposer délicatement son jean sur le dossier d'une chaise et consulter son téléphone, l'air détaché je crois. Elle ne s'est pas débarrassée de son top couleur parme. Elle porte un shorty noir en dentelle. Elle me rejoint dans le lit. S'ensuit un silence d'une demi-douzaine de secondes. Elle me caresse le visage puis m'explique que le fait de m'avoir vu triste et effacé ce soir lui fait énormément de peine (je ris intérieurement).

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 Effacé, effectivement je l'étais et je le suis encore. Je n'arrive pas à sortir B. de ma tête. B. est une collègue avec qui je m’entends très bien. Les premiers jours je l'ai détesté. Ses yeux, son sourire, sa personnalité et même sa poitrine : tout renvoie à l'adjectif pétillant. Pétillant. Comme je méprise cet adjectif hypocrite. Et pourtant. Et pourtant je pense à elle constamment. B. est donc une fille pétillante et très ouverte qui a décrété un jour que nous devrions nous parler plus souvent. Il s'agit en fait d'un monologue. Les rôles sont assez simples : je l'écoute et en contrepartie...Il n'y a pas de contrepartie et c'est là ma plus grande frustration. Le désir est une perte de temps. Je suis comme un enfant gâté à qui on refuse un jouet. Je ne serai satisfait qu'une fois que je l'aurais cerné (et accessoirement baisé).

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J'ai une bonne nouvelle pour toi, devine. Je lui dit que je n'aime pas les devinettes. Elle m'explique que contrairement à ce qu'elle m'avait affirmé la veille, nous pouvons faire l'amour ce soir. Quelques minutes plus tard. Je suis allongé sur le dos, essoufflé. Je pense à cette idiote de B. mais aussi à la Matinale de LCI et à une bouteille de 7Up. Elle me regarde (du moins je le devine) puis me dit cette phrase inhabituelle : j'suis contente que tu m'aie prise comme ça.

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Environnement musical du moment :

The Light From Your Mac

Commentaires

Je me suis toujours demandée quel effet précis produisait ce genre de phrase libérée de la bouche de l'aimée sur son partenaire sexuel. J'en lance parfois, attendant la réaction dudit partenaire, mais le fait est que je n'arrive jamais à savoir exactement. 'Inhabituelle' ne signifiant pas forcèment désagréable, je me permets la question suivante : qu'as-tu ressenti ? Un violent désir de la prendre à nouveau de la même manière ? Ou au contraire un espèce de dégout lié au fait que ce genre de phrase ne soit pas digne d'Elle ?

Existentiel.

Ecrit par : Alma M | 27.02.2009

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